Pas facile de prendre rendez-vous avec ces deux jeunes hommes très impliqués dans la vie politique. Nous retrouvons Guillaume Renaud dans un café du centre ville de Grenoble. Il sort tout juste du travail. « Je suis assistant parlementaire de Geneviève Fioraso. C'est un travail passionnant et très prenant. J'ai quand même pu m'éclipser discrètement d'une réunion. » Quant à Julien Martin c'est de l'inauguration de la nouvelle exposition de la galerie municipale de Fontaine, située à deux pas de la permanence du parti communiste, qu'il s'échappera quelques instants. Il est conseiller municipal. Pressé, légèrement essouflé, il s'excuse de nous avoir fait nous déplacer jusque là. Nous avons posé (séparément) les mêmes questions à Julien Martin et à Guillaume Renaud. Voici leurs réponses.
Que pensez-vous de la nouvelle possibilité qui est faite aux salariés de travailler jusqu'à 70 ans ?
Pour Guillaume Renaud, cet amendement est « une brèche ». Selon lui, la prochaine étape du gouvernement sera « d'augmenter la durée de cotisation ». Il trouve également « artificiel » d'augmenter l'âge de la retraite « lorsque le taux d'emploi des seniors est très bas ». Julien Martin le rejoint sur ce point et précise quelques chiffres: « seul un tiers de la population travaille encore à 60 ans. Le reste est au chômage ou en pré-retraite. » Pour lui, la retraite à 70 ans est « une absurdité ». Il s'inquiète aussi du "choix de société" imposé par la droite.
N'est-il pas paradoxal de se pencher sur le thème des retraites alors que la jeunesse souffre des problèmes liés au logement, à l'emploi ?
Selon Guillaume Renaud, « une organisation de jeunesse ne doit pas uniquement se préoccuper de ses problèmes ». Cependant, Julien Martin admet que les retraites ne sont pas un élément moteur pour les JC. « Nous avons d'autres combats comme la gratuité des transports en commun, le logement. Mais si un mouvement se créée, semblable à celui de 1995 sur les retraites, nous le rejoindront."
Car en effet, l'augmentation de l'âge de la retraite ne serait pas sans impact sur l'emploi des jeunes. Comme le rappelle Guillaume Renaud, l'équation est simple. « Plus les seniors occuperont longtemps leur emploi, moins les jeunes auront de place sur le marché du travail. » Voilà pourquoi les MJS ont commencé un campagne de distribution de tracts sur ce thème dans les lycées et sur le campus.
Pensez-vous, un jour, bénéficier d'une retraite ?
Ne possédant pas de boule de cristal, Julien Martin regrette de ne pouvoir nous répondre. Mais si lire l'avenir est impossible, les hommes affirment vouloir se battre pour pouvoir en bénéficier. « C'est le rôle d'une organisation de gauche » affirme Guillaume Renaud. « Si à 20 ou 25 ans, on est défaitiste, ils ne nous la donneront pas » avance tout de même Julien Martin. En effet tous les deux semblent se préparer à un combat difficile. Mais ils sont déterminés. « Molière est mort sur scène, dit très sérieusement Julien Martin, moi je ne veux pas mourir au travail. »
Margaïd Quioc